Je veux produire plus de NégaWatts

En 2004, nous avons étudié un scénario, à savoir comment, à l’échelle de notre famille, il serait possible de produire des NégaWatts. Produire des NégaWatts en fait, c’est comme “dé-produire” des Watts, on cherche à devenir plus sobre, plus efficace et plus renouvelable.

Au cours de l’été 2013, j’ai chuté dans un escalier non éclairé. Durant 5 semaines d’arrêt, j’ai commencé à rendre une visite régulière à mon compteur électrique et examiner mes factures afin d’opérer à de nouveaux changements : “ce qui se mesure s’améliore”.

Sans les transports, notre bilan énergétique 2004 se résumait principalement à :

  • 1500 litres de fioul, 15000 kWh, 1128€ et 4,5t de CO2,
  • 6000 kWh d’électricité non renouvelable, 925€ et 1.08 t de CO2,
  • 14 stères de bois, 22400 kWh, 761€ et 0.291t de CO2,
  • 120m3 d’eau potable.

A partir de 2008, nous avons commencé à produire nos premiers NégaWatts grâce à :

  • la construction d’une maison bio-climatique bien orientée,
  • une isolation renforcée,
  • la récupération des eaux de pluie, couvrant environ 40% des besoins,
  • des apports solaires passifs et gratuits,
  • un poêle de masse haut rendement couvrant 100% des besoins,
  • le recours aux solutions alternatives, passives et à l’autoconstruction,
  • un potager, couvrant environ 50% des besoins en légumes,
  • des arbres fruitiers : pêchers, pommiers, cerisiers, abricotier …
  • la compostage systématique des déchets organiques,
  • l’utilisation d’un rocket stove, ce qui a pour effet de diminuer les besoins en gaz butane,
  • au remplacement d’un tracteur tondeuse énergivore et bruyant par une tondeuse autotractée plus efficiente,
  • un chauffe-eau solaire thermique en thermosiphon couvrant environ 70% des besoins en chaude,
  • un lave-linge à double entrée eau chaude (raccordée au chauffe-eau solaire) et eau froide,
  • un lave vaisselle alimenté par de l’eau chaude solaire,
  • moins de voyages, plus de covoiturage,
  • l’achat d’environ un hectare de bois,
  • l’usage de bois bien fendu et sec,
  • un abonnement auprès d’un fournisseur d’électricité verte.

Par rapport à 2004, notre consommation énergétique a été divisée par environ 3, la facture a été divisée par 4, le confort a été amélioré et nous sommes devenus 100% renouvelables. Quelques explications :

  • nous consommons désormais 7 stères de bois au lieu de 14 auparavant. Le volume de bois étant divisé par 2, il y a 2 fois moins de manutention et 2 fois moins de volume dédié au stockage,
  • le poêle de masse est alimenté chaque soir, ce qui représente un confort par rapport à l’alimentation en continu qu’exige un insert ou poêle classique. En outre, cela permet d’aller travailler sereinement et de revenir dans un logement chauffé, même en l’absence de feu,
  • nous avons économisé 2000 kWh d’électricité, le chauffe-eau solaire est le principal contributeur,
  • nous sommes passés à l’électricité d’origine 100% renouvelable, le montant de la facture électrique n’a pas augmenté depuis 2008,
  • 22800 kWh, 2115€, 5.6t de CO2 et 40 m3 d’eau potable par an ont été économisés,
  • la fin du fioul : le ramonage, le changement du gicleur, l’odeur, le remplissage de la cuve, le coût,
  • la surface habitable a été augmentée de 30m2.

C’est bien, mais comment produire plus de NégaWatts ?

  • la première idée, fut de sortir le plus rapidement possible de la dette via la méthode dite “boule de neige” pour financer les moyens de devenir encore plus libre et plus autonome : supprimer les frais bancaires, supprimer les abonnements et assurances inutiles, établir un budget et ne jamais faire ses comptes, se payer en premier, épargner systématiquement afin de rembourser plus vite,
  • vivre plus sobrement sans renoncer au confort,
  • pratiquer l’éco-conduite, le vélo ou encore le vélo à assistance électrique,
  • produire et consommer son électricité grâce à une éolienne auto-construite ou du solaire photovoltaïque,
  • produire de l’eau chaude à l’aide d’un rocket stove de novembre à février (lorsque le soleil nous lâche) ,
  • améliorer l’isolation des murs extérieurs, finir la mise en service du puits canadien,
  • adopter de nouvelles techniques au jardin permettant de moins travailler moins tout en augmentant l’autonomie alimentaire,
  • échanger avec des personnes qui partagent les mêmes convictions, partager les progrès, former, développer le troc, l’entraide, la récupération et donner aux plus démunis,
  • se rapprocher des associations qui partagent des objectifs analogues, comme par exemple l’association Tripalium qui développe des stages d’autoconstruction d’éoliennes Piggott et pourquoi pas s’y investir.

Ceux_qui_bossent.et_les_autres.resized.jpg

Cinq semaines se sont écoulées. J’ai retrouvé l’usage de mon bras, mais l’escalier dans lequel j’avais chuté n’était pas plus éclairé ! Durant cet arrêt, j’ai pris conscience que les changements à opérer sur soi-même sont parfois plus rapides que le changement d’une ampoule.

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